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Un nouveau pont pour la RN 186

Bien qu’il ne soit pas exceptionnel, le lançage du nouveau pont sur l’A13 à la hauteur de Rocquencourt n’en est pas moins un événement suffisamment rare pour attirer l’attention.
Quasiment du jour au lendemain, les milliers d’automobilistes qui empruntent quotidiennement l’A13 passeront sous un nouveau pont mis en place pour l’essentiel au cours de la nuit.
Si les conditions météorologiques s’y prêtent, ce sera dans la nuit du 9 au 10 décembre 2008 que se déroulera le plus gros de l’opération.


Tel un paquebot, les 500 tonnes du tablier préfabriqué de 85m de long sur 18m de large, reposant sur des galets de roulement traverseront l’autoroute de culée en piles intermédiaires pour rejoindre l’autre rive. En trois nuits au maximum, un nouvel ouvrage s’installera durablement dans le paysage quotidien des franciliens. Explications.

Les étapes de la réalisation

La préparation

La première phase délicate a été de conserver un maximum de capacité à la RN 186 tout en ne disposant que d’un seul ouvrage. La chaussée a été élargie avec notamment la suppression des caniveaux techniques. Avec 5 voies réduites les conditions du trafic n’ont pas été trop dégradées.
Le tourne-à-gauche dit shunt de Versailles à la sortie de la bretelle en provenance de Paris a été supprimé. Le carrefour « Bull », situé quelques centaines de mètres dans la direction Saint-Germain-en-Laye a été aménagé pour organiser les demi-tours.
Le bretelle n°2 d’accès à A12-A13 direction Province en venant de Saint-Germain-en-Laye a été déplacée pur dégager l’espace à la future bretelle d’accès à Versailles.

La préfabrication sur place

La partie de la RN 186 neutralisée au nord de l’ouvrage sert de zone de préfabrication et de plateforme de lancement.
Les éléments métalliques du tablier ont été amenés par convois exceptionnels pour être assemblés sur place par soudage. Il s’agit de réaliser une structure en acier d’un seul tenant et d’y fixer des dalles en béton pour composer le nouveau tablier.
Dans un premier temps, pour ne pas trop alourdir le tablier, ce qui compliquerait le lançage, seules les dalles de la zone centrale, celles qui surplomberont la chaussée actuelle de l’autoroute, seront posées. Cette disposition est prise pour limiter la gêne ultérieure aux usagers.

10 décembre 2008 - 0h00, le lancement par-dessus l’autoroute

La structure métallique ainsi lestée est posée sur des galets de roulement.
L’avant et l’arrière de la structure sont équipés d’un « bec » afin d’assurer l’équilibre et le guidage lors de l’approche sur les piles intermédiaires et sur la culée Sud, côté Versailles. 
Un système de vérins va pousser l’ensemble qui va avancer progressivement à une vitesse de quelques centimètres par minute. Le tablier restera ainsi en équilibre et « avancera » par-dessus l’autoroute depuis une rive vers l’autre, en passant par les appuis des piles,

L’opération s’effectue en trois temps.

Dans un premier temps, le tablier est poussé jusqu’à la pile Nord, construite entre l’actuelle autoroute et la future collectrice.
Une fois sur ces nouveaux appuis, une deuxième étape est possible jusqu’à la pile Sud, similaire. Enfin, une troisième phase mène le tablier jusqu’à la culée Sud.
Trois nuits ont été réservées pour réaliser l’opération.

Première étape, jusqu'à la pile intermédiaire Nord
Deuxième étape, de la pile Nord à la pile Sud
Troisième étape, jusqu'à la culée côté Sud
Représentation schématique de la situation à la fin de l'opération, après élargissement.